Un combat mondial contre l’oppression

Quelques chiffres montrent l’ampleur de l’oppression des femmes dans le monde aujourd’hui :

– Les violences conjugales sont la première cause de blessures et de décès pour les femmes dans le monde.

– Aux Etats-Unis, une femme est battue par son partenaire toutes les 9 secondes.

– 200.000 femmes des pays d’ex-URSS sont victimes, chaque année, du trafic d’êtres humains pour la prostitution

– 59% des femmes japonaises, 42% des femmes au Kenya et 80% des pakistanaises sont victimes de violences conjugales.

– Chaque jour 6.000 filles subissent des mutilations génitales.

– Chaque année 5.000 jeunes mariées en Inde sont assassinées ou se suicident car leur dot est considérée trop maigre.

– Chaque année, 5.000 femmes et jeunes filles sont assassinées « au nom de l’honneur familial ».

– En Afrique du sud, une femme est violée toutes les 80 secondes.

Et dans bien des pays, les femmes restent toujours des citoyennes de seconde zone, subissant des lois discriminatoires (interdiction de sortir du territoire sans l’autorisation d’un homme de la famille comme aux Émirats Arabes Unis, peines réduites ou exemption de peines en cas de meurtre d’un membre féminin de la famille comme en Syrie ou en Jordanie, exemption de peine si le violeur épouse la victime comme au Liban ou au Pérou, etc.) ou même un véritable apartheid basé sur le sexe (comme en Arabie Saoudite), sans parler des violences et pressions exercées contre les droits des femmes par des groupes réactionnaires le plus souvent religieux (24 meurtres et tentatives de meurtres commis par des fondamentalistes « pro-vie » aux Etats-Unis entre 1993 et 2004, exécution par décapitation de Nahla Hussein, militante féministe au Kurdistan d’Irak par un groupe intégriste fin décembre 2008, campagne menée par une bande armée proche des talibans pour interdire l’accès des filles à l’école début 2009 dans la vallée de Swat au Pakistan, etc.).

Si les réactionnaires justifient ces discriminations et ces violences au nom de la tradition, de la religion, ou même parfois de la nature, il est important de souligner qu’aux quatre coins du monde, des femmes et des hommes se lèvent et luttent, parfois en risquant la prison et parfois la mort, pour l’égalité.

L’oppression des femmes n’est en rien un « phénomène naturel ». Comme toute oppression, elle peut et doit être brisée.

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Excision

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 130 millions de femmes et d’enfants ont été victimes de mutilations sexuelles et deux millions de fillettes sont susceptibles de l’être, chaque année.

La mutilation sexuelle féminine – ou excision – signifie, dans 80% des cas, l’ablation du clitoris et, souvent, celle des petites lèvres. Dans l’infibulation, forme extrême de l’excision, celle-ci est aggravée par l’ablation des grandes lèvres, dont les deux moignons sont suturés bord à bord.

« Ma tante m’a appelée dans la salle d’eau. Plusieurs femmes se sont alors jetées sur moi, m’ont attrapée et allongée. Elles m’ont écarté les jambes. Je criais. Je n’ai pas vu le couteau. J’ai senti qu’on était en train de me couper. Je pleurais. Il y avait beaucoup de sang. On me diisait: «Faut pas pleurer, c’est la honte quand on pleure, tu es une femme, ce qu’on te fait là, c’est rien». Elles ont commencé à taper dans leurs mains. Elles m’ont habillée avec un pagne blanc. Pas de pansement, juste quelque chose qu’elles avaient préparé avec de l’huile de karité (appelé aussi «arbre à beurre») et des feuilles. Je suis sortie. C’était le tour de ma petite soeur. Je l’ai entendue pleurer, m’appeler au secours, ça m’a fait encore plus mal. »

Khadi Diallo, militante malienne de GAMS  (Groupe femmes pour l’abolition des mutilations sexuelles)

Carte de l’excision en Afrique :
Zone en brun foncé : 95% à 100% des femmes sont excisées ; brun clair : 90 à 95 % ; rouge : 75 à 95% ; orange : 50 à 75 % ; orange clair : 25 à 50 % ; jaune : pratiques locales.

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Meurtres « d’honneur » et mariages forcés

Meurtres « d’honneur »

Selon l’ONU plus que 5000 femmes et filles sont tuées chaque année par leurs proches par ce que l’on appelle crimes « d’honneur ». Ces crimes sont commis dans des cultures où l’on considère que les relations sexuelles « illicites » d’une femme apporte une une telle honte à la famille que la femme accusée ou soupçonné doit être assassinée. Les raisons de ces meurtres peuvent être y compris le viol de la femme ou des faits aussi insignifiants que parler avec un homme.

Reportage de RFI, 9 juin 2008 :

Exemples :

JORDANIE 4 JUILLET 2008 : Un garçon de 16 ans a été inculpé du meurtre de sa sœur âgée de 23 ans dans ce qui semble être un « crime d’honneur » selon un fonctionnaire de la justice.Le suspect a poignardé sa sœur à dix reprises en plein cœur mercredi dans un village du nord-est du gouvernorat de Mafraq. « Il a avoué avoir assassiné sa sœur parce qu’elle avait disparu de la maison pendant un mois avec un petit ami » dit le fonctionnaire. C’est le septième crime d’honneur rapporté depuis le début de l’année selon les fonctionnaires de la sécurité.

TURQUIE 21 JUIN 2008 : A Istanbul, au moins une personne meurt chaque semaine à cause d’un crime d’honneur selon ce rapport qui est le plus complet sur le sujet. Le nombre de meurtres commis « au nom de l’honneur » ces cinq dernières années a dépassé les mille victimes.

PALESTINE  3 JUIN 2008 : Le corps de Khouloud Mohammed al-Najjar, 32 ans, a été amené à l’hôpital du Martyr Mohammed Yousef al-Najjar à Rafah. Son cadavre contusionné et ensanglanté a été transféré au Département de Médecine Légale à l’hôpital Shifa à Gaza City. Son père, Mohammed Hussein al-Najjar, a été arrêté, et pendant l’interrogatoire, il a apparemment confessé que sa fille est morte suite aux sévères coups assénés par des membres de sa famille pour son « comportement immoral ».

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Lois discriminatoires

Aux « traditions » barbares, s’ajoutent dans bien des pays des lois discriminatoires limitant la liberté de mouvement des femmes.

La carte suivante montre en jaune les pays où s’exerce particulièrement une pression fondamentaliste religieuse ou nationaliste contre les droits des femmes.

Ceux marqués d’un écrou là où les femmes ne peuvent quitter le pays sans une autorisation de leur mari ou « tuteur » masculin, les petites burqas noires là où les femmes sont soumises à un code vestimentaire et les petites burqas rouges là où des agressions contre des femmes jugées « habillées de façon immodeste » ont été rapportées depuis la fin des années 1990.

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Liban, Article 522 du Code Pénal :

« Au cas où un mariage est conclu entre la personne qui a commis un des crimes mentionnés dans ce chapitre [dont le viol, l’enlèvement…] et la victime, les poursuites doivent être stoppées et au cas où un jugement a été rendu, l’exécution du jugement à l’encontre de la personne condamnée doit être suspendue ».

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Même dans les pays riches, des discriminations toujours présentes.

Vidéo de la CGT pour le 8 mars 2008 :

Au travail, en ce début du 21ème siècle en France, les discriminations subsistent :

– Selon une étude publiée en février 2008, l’écart des salaires entre hommes et femmes en France atteint 37%. A temps de travail égal, cet écart est de 20%, mais les femmes subissent bien plus le travail à temps partiel imposé (8,6% des femmes salariées travaillent à temps partiel imposé contre 2,4% des hommes).

– Les femmes sont plus exposées aux violences dans le lieu de travail. Selon une étude publiée par « Santé et Travail » en janvier 2009, 5% des salariées interrogées confient avoir été victimes de violences physiques dans le cadre de leur travail (contre 3,2% des hommes) et un peu plus de 16% d’entre elles ont subi des humiliations ou des menaces (11,6% pour les hommes). Ce n’est donc pas étonnant que l’étude conclut que la souffrance mentale au travail affecte plus les femmes que les hommes (37 % d’un côté contre 24 % de l’autre).

– Parmi les violences spécifiques faites aux femmes dans les lieux de travail, on se doit de noter le harcèlement sexuel. Il n’y a pas, en France, d’étude sérieuse et récente sur la fréquence de ces violences. Les ordres de grandeur varient entre 19 % de femmes victimes ou témoins de harcèlement sexuel (sondage Louis Harris de 1991) et 40 % (sondage européen). Dans certains pays de l’union européenne, les chiffres atteignent 60 %.

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Quant aux violences conjugales, elles touchent les femmes de tous les pays…

Une femme meurt tous les trois jours de violences conjugales en France

L’OND a publié ce 8 juillet 2008 son bulletin mensuel de juillet 2008 où il recense le nombre de cas de violences conjugales en 2007. Parmi les violences recensées, il y a les violences physiques (coups, mutilations, agressions sexuelles, séquestration, meurtres), psychologiques (insultes, chantages, menaces, humiliations) et autres (vol, destruction, confiscation, etc.).

Une femme meurt tous les trois jours de violences conjugales en France

47 573 faits ont été enregistrés par la gendarmerie et la police, ce qui constitue une hausse de plus de 30 % par rapport à 2004 (36 231), mais pas une augmentation du nombre de cas : il y a plus de déclarations qu’avant (encouragées par la police et la justice), et il y a une nouvelle définition de la violence conjugale qui inclut désormais les violences faites par un ancien conjoint.

Les violences conjugales représentent plus du quart de l’ensemble des actes de violence.

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Exploitation des femmes par « l’industrie du sexe »

Vidéo en anglais contre le trafic d’êtres humains :

Autre forme spécifique de l’oppression des femmes, leur exploitation par « l’industrie du sexe ».

« La prostitution est le plus vieux métier du monde, elle existera toujours. » ?

La prostitution n’existera pas jusqu’à la fin des temps.

Le plus vieux métier du monde est celui de chasseur ou de pêcheur, de tailleur de pierre ou de forgeron. La prostitution n’a pas toujours existé et il y a encore des lieux où elle n’existe pas.

Elle a officiellement commencé en Occident en 600 avant Jésus-Christ, dans la Grèce de Solon. C’est à ce législateur que l’on doit d’avoir introduit la notion d’argent dans la relation sexuelle.

Que la prostitution ait toujours existé ne suffirait d’ailleurs pas à la légitimer.

Excuse-t-on la barbarie ou le viol parce qu’ils sont vieux comme le monde ?

Non, la prostitution n’existera pas jusqu’à la fin des temps. Elle est liée à un archaïsme de la société et des rapports entre hommes et femmes. Ceux-là sont appelés à évoluer et à rendre caduque le recours à la prostitution, de plus en plus perçu comme une fausse solution.

Le Nid

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